Aujourd’hui nous initions une nouvelle série de billets. Leur objectif ? Éclairer nos clients et partenaires sur les métiers exercés au sein de notre agence. Pourquoi ? Parce que nous nous rendons compte au gré de nos rendez-vous que contrairement aux idées reçues, les métiers de la communication restent mal connus et souvent même, porteurs de fantasmes et de contresens. Pour débuter cette série, nous allons commencer par le poste de maquettiste-infographiste.

La genèse : rappelons tout d’abord que notre monde a vu son rythme de développement technologique s’accélérer de façon vertigineuse depuis trente ans et que ces métiers ont pris cette évolution de plein fouet. Pour tout dire, ils n’existaient pas sous cette forme alors. En effet, au début des années 1990, les premières stations de travail informatiques hors de prix arrivent sur le marché. La publication assistée par ordinateur (PAO) n’existe pas. Les imprimés sont fait à la main, montés par des ouvriers très qualifiés travaillant avec les fameuses lettres en plomb. La formation technique, typographique et sémiologique est alors très poussée. Les contraintes des outils obligent chacun à posséder une bagage solide avant de se réclamer de toute créativité artistique. Dix ans plus tard, le secteur a exploser sous la poussée de l’évolution informatique. De nouveaux outils en constante évolution ont démocratisé la production graphique en la libérant de certaines contraintes techniques. Des pans professionnels entiers ont disparu avec la simplification des procédés. Les ouvriers du livre et leur qualification dans l’art de composer avec le plomb se sont vus dépassés par des petit jeunes tout justes diplômés et inconscients souvent des règles incontournables de la composition. De nouveaux professionnels sont apparus trop souvent vierges du savoir de leurs aînés car la chaîne de transmission a été brutalement rompue. Nous sommes encore aujourd’hui dans cette époque de transition. Alors comment expliquer clairement ce qu’est une profession quand celle-ci doute elle-même de sa nature ?

Reprenons les choses depuis le début, la dénomination  » maquettiste-infographiste « . En fait, nous résumerons cela à maquettiste car le terme infographiste est une auto-gratification de caste. Il sert d’une part à rappeler que la nouvelle génération a les mains propres et exemptes de toute tâche d’encre et d’autre part que dans son travail il met une part de graphisme,  » d’art  » qui ne s’apprend pas mais dont on est naturellement investit ! Bref, rien de passionnant. Donc intéressons-nous à maquettiste car c’est là que réside le cœur du savoir-faire. La maquette est la science de l’utilisation de l’espace afin de valoriser l’information, d’offrir une structure de lecture au service du contenu. Cela inclut la recherche des points d’équilibre, de rupture, le choix des typographies et de l’iconographie. Et si nous parlons de science, ce n’est pas entièrement dévoyé ; depuis que l’homme est entré dans l’histoire il théorise sur la manière de la transcrire et de l’immortaliser.
Pour maquetter, il faut maîtriser la langue, la sémiologie et les règles de la composition. Il faut savoir partir de l’ensemble pour parvenir progressivement au détail. Car le maquettiste doit savoir écrire, orthographier et tout cela dans le respect du code typographique. En réalité, il n’y a aucune bonne production graphique sans maquettiste. Il est la pierre angulaire de cette activité et s’il oeuvre bien, l’essentiel de son travail semblera couler de source. Car c’est là l’ambivalence du poste : les compétences mises en œuvre sont nombreuses, complexes mais pour la plupart anti tape-à-l’œil. Par exemple dans un texte long, le maquettiste gérera le gris typographique, c’est-à-dire l’équilibre entre le noir du texte et le blanc de la feuille. Il s’attachera aussi à la gestion des césures, du suivi des textes, de l’alignement sur la grille, etc…

Mais le rôle du maquettiste ne s’arrête pas là. Il doit composer aussi en tenant compte de deux impératifs incontournables : le client et la chaîne de production. Le client tout d’abord. Sans lui point de travail et point de nouveauté. Le client oblige le maquettiste à adapter son savoir aux réalités spécifiques de ses besoins. En cela il est salutaire. Mais il force aussi le maquettiste à se justifier trop souvent de son travail en le comparant de façon abusive au premier venu possédant un ordinateur. C’est là le poison de notre époque, on confond trop vite l’outil et l’artisan.
Vient ensuite la chaîne de production. C’est alors  que trop souvent les problèmes commencent. Car un vrai maquettiste est celui qui sait planifier sa production et anticiper les contraintes de fabrication. Il doit tenir compte des règles incontournables de l’imprimerie, du web ou de tout autre média. Et si l’informatique a débridé la chaîne graphique, elle a aussi généré de nouvelles contraintes techniques qu’aucun ordinateur ne peut gérer sans l’intervention de l’homme. Si vous travaillez avec un mauvais maquettiste vous le saurez sans doute trop tard quand vous recevrez vos catalogues avec des textes coupés, des photos pixellisées et des fautes d’orthographe en guise de ponctuation !

Pour finir une petite note récapitulative sur le métier :

  • • Formation : le plus souvent niveau BTS. Mais les formations restent encore souvent inadaptées aux réalités du terrain.
  • • Qualités requises : curiosité, écoute, méthode, sensibilité graphique, bonne maîtrise de la langue française et du code typographique.
  • • Outils de travail : cerveau, papier crayon, XPress ou Indesign, Photoshop, Illustrator pour 90% des besoins.
  • • Tâches principales :  réception et traitement des éléments transmis par le client, analyse des besoins, création des gabarits de document, maquette et préparation des fichiers de livraisons pour la mise en fabrication.

Voilà en quelques phrases un portrait rapide de cette belle et exigeante profession. Si des questions subsistent, n’hésitez pas à nous les transmettre. Nous enrichirons ce modeste billet pour y répondre.

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